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lundi 23 juillet 2007

10 rue Belgrand (20e arrondissement)


L’immeuble de M. Hérault, dont le permis de construire fut publié le 28 avril 1900, est une œuvre de l’architecte Champy, que nous avons déjà rencontré dans ces pages. Cet artiste, par son absence de style parfaitement identifiable, comme par sa capacité à assimiler toutes les nouveautés de son époque - du moins dans ses œuvres datées des premières années de l’Art Nouveau -, apparaît comme une personnalité curieuse et très originale.

S’il avait parfaitement compris, rue Chanzy, ce qui pouvait caractériser la modernité belge, ce serait plutôt vers l’architecture du Nord de l’Italie qu’il faudrait chercher la source d’inspiration de cet imposant édifice de la rue Belgrand. Champy s’y refuse à tout décor naturaliste, dessinant des ornements purement abstraits, en leur donnant une monumentalité très surprenante, telle qu’elle se manifesta dans plusieurs palais construits à l’époque à Turin.

Néanmoins, il se se refuse pas à quelques grâces toutes françaises, directement empruntées au style Louis XV, qui apportent une insolite fantaisie dans une composition ornementale volontairement rustique.
L’architecte, visiblement, essayait alors de parler plusieurs langues, en expérimentant différentes façons de renouveler l’art de la construction. Avant de s’assagir dans une manière où l’Art Nouveau cohabitera brillamment avec l’éclectisme si caractéristique de la IIIe République, il semble avoir cherché sa voie pendant quelques années, mettant en pratique ce que les revues d’architecture de son époque signalaient comme moderne, original ou simplement curieux.

mercredi 4 avril 2007

9 rue Chanzy (11e arrondissement)


Attention, petit chef-d'oeuvre ! On ne s'y trompa d'ailleurs pas à l'époque, puisque A. Raguenet consacra une partie du 170e numéro de ses "Monographies de bâtiments modernes" (malheureusement jamais datées) à cet exquis petit hôtel particulier, construit par Achille Champy, alors domicilié 16 rue d'Arvon, pour M. Léon. Le permis de construire fut demandé le 11 avril 1902.
L'édifice a miraculeusement traversé un siècle sans subir un seul dommage et son aspect actuel reste identique au dessin publié au début du XXe siècle. Pourtant, à considérer la construction très moderne, en briques claires, qui le borde sur la gauche, on peut imaginer que son destin a pu être plusieurs fois menacé depuis sa construction.


Pourquoi un chef-d'oeuvre ? Tout simplement parce que cette pittoresque maison détonne complètement dans le paysage de l'Art Nouveau parisien. La structure de la façade évoque irrésistiblement les petits hôtels étroits de Bruxelles, et la forme même des ouvertures nous rappelle le style de l'école de Victor Horta, chef de file de l'école belge. La haute fenêtre percée dans le toit évoque aussi la Belgique, mais également certaines constructions de Nancy. L'alternance de pierre et de briques est d'ailleurs très caractéristique du modernisme septentrional. Pourtant, l'étonnante sculpture végétale se rapproche plus volontiers de l'univers catalan, notamment les curieuses excroissances organiques de Puig y Cadafalch ou même du premier Gaudi. De toute évidence, Champy a vu et assimilé les nouveautés de son époque. Mais, pour cet hôtel, il chercha plus volontiers son inspiration dans l'oeuvre de ses confrères étrangers, sans doute alors peu familiers du grand public - car peu publiés en France -, mais certainement bien connus du petit monde des architectes.



Nous retrouverons certainement, plus tard, ce bien intéressant artiste, aujourd'hui totalement oublié. Car il nous a laissé d'autres édifices Art Nouveau de belle qualité, même s'ils sont loin d'avoir l'originalité du petit hôtel de la rue Chanzy.