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mardi 1 juillet 2008

Jeu 2008 - Envoi n°5 : 4 rue de Saint-Germain (Cormeilles-en-Parisis - Val-d’Oise)


Suis-je obsédé par cette amusante “Villa Suzanne” ? Assez régulièrement, en effet, son image me revient devant les yeux, généralement par l’intermédiaire d’amis qui m’en adressent la carte postale, avec ce commentaire toujours très laconique : “Connais-tu ?”
Tout à fait par hasard, et en moins de deux jours, j’eus non seulement le plaisir de la voir - enfin ! -, mais d’en recevoir aussi quelques images, réalisées par J. P. D. C’en était trop : il me fallait la partager avec vous, et d’autant mieux que les photographies reçues avaient l’avantage, sur les miennes, d’avoir été prises pendant l’hiver, à une époque où la végétation ne cache pas l’essentiel de son décor.

Cette villa se singularise à peine des constructions cossues de la proche banlieue parisienne. L’ornementation en bois de ses toitures, très “normande”, se retrouve assez fréquemment dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine. Mais l’intérêt principal de l’édifice, en dehors de son aspect de castelet sympathique, réside principalement dans ses ponctuations de briques émaillées et ses petits motifs décoratifs en stuc, d’un assez étrange effet, le tout sur un fond très neutre de meulière.
Ce sont surtout le grand arc de son porche, et la façon très surprenante et originale de lier la tour latérale au corps de bâtiment principal, qui font le charme de la maison, intéressante sur toutes ses faces, notamment par la qualité du dessin des huisseries des fenêtres.

Pendant plusieurs semaines, j’ai essayé - en vain - d’associer un nom d’architecte à cette construction qui sembla, à l’époque, suffisamment intéressante pour constituer le sujet d’une carte postale. Et puis la solution arrive parfois quand on ne l’attend pas. Ou plus. En cherchant des informations sur la maison personnelle de Paul Guadet (1873-1931), sur le boulevard Murat, j’eus la surprise de découvrir que son adresse, au moment de la demande de permis de construire, en 1912, n’était autre... que la villa Suzanne !

Evidemment, il y a une immense différence entre l’amusante villa de banlieue et l’audacieux manifeste que constitue l’hôtel parisien, en béton armé apparent. Mais la contemporanéité des deux édifices, à quelques années près, ne fait pas l’ombre d’un doute, et il semble très probable que Guadet est aussi l’auteur de la maison de Cormeilles-en-Parisis. Il s’agirait assurément d’une “œuvre de jeunesse”, antérieure à ses premiers chefs-d’œuvre - l’hôtel Carnot, avenue Elisée-Reclus (aujourd’hui disparu) ou son hôtel du 95, boulevard Murat -, tous deux construits avec la collaboration très importante de l’entreprise des frères Perret. Malheureusement, elle ne laissa aucune trace dans la littérature de l’époque : Guadet fut sans doute beaucoup plus soucieux de se faire connaître avec des projets ambitieux et novateurs, plutôt qu’avec cette charmante fantaisie.